Le thé Pu Erh

thé noir très particulier

the-pu-erh-nantesC’est aux frontières de la Birmanie, du Laos et du Vietnam, dans la région du Yunnan dans la préfecture de Xishuangbanna, sous le règne des empereurs Mandchous (618-907) que les peuplades nomades produisirent et consommèrent les premiers Pu’er, thé postfermentaire à oxydation non enzymatique. Ces seraient des théiers (Yunnan Dayed) à la variété la plus proche de l’ère préglaciaire.le Pu’er est un thé noir-noir ou encore appelé thé « sombre », la tradition veut qu’il soit conversé longtemps de façon à laisser s’exhaler son bouquet postfermentaire caractéristique. Le Pu’er peut être présenté soit en vrac, ou compressé en galette ou en brique, en nid d’oiseau.

A l’origine tous les Pu’er sont à base de thé vert, par la suite on distingue 2 fabrications :

  • La Fabrication originelle : le Yunnan bénéficie d’un climat tropical chaud et humide, la cueillette s’opère pendant les mois les plus chauds. Les feuilles fraiches de thés verts sont flétries et séchées au soleil, ces feuilles sont ensuite stockées sur des claies, dans des caves, durant la saison humide. Chargées d’humidité, les feuilles vont s’oxydées et fermenter naturellement. Dans des conditions optimales de stockage, cette oxydation perdure et continue dans le temps pour donner des thés toujours meilleurs
  • La Fabrication accélérée : identique à celle d’origine, le producteur provoque de plus une post ou double fermentation afin de pouvoir consommer le thé plus rapidement. Les feuilles sont toujours flétries et séchées au soleil. La fermentation qui suit est maîtrisée par l’homme, les feuilles sont disposées en tas épais, la température et le dégrés d’humidité des pièces sont constants et ajustés en fonction du climat extérieur. Cette étape dure entre 4 à 6mois, les feuilles sont ensuite triées suivant leur grade, laissées en vrac ou compressées.

Ce thé est également particulier de part son parfum de sous-bois et de terre humide au goût légèrement sucré et prisé par les amateurs de thé.Il est le seul thé qui se bonifie avec le temps, les meilleurs crus sont référencés par millésimes, les plus anciens sont sujets à des ventes aux enchères et à énormément de spéculation.
Ce thé est réputé pour ses bienfaits dans la médecine chinoise, il agirait sur les méridiens du foie et de l’estomac ainsi il aiderait à nettoyer le foie, faciliterait la digestion, favoriserait la diminution du taux de sucre dans le sang, faciliterait le transit intestinal; surnommé le « maigeur de graisse » ce thé associé à un régime approprié aiderait à la perte de poids.
Ce thé se prépare dans l’idéal à la Gong Fu Cha (petite théière chinois à infusions successives) mais vous pouvez aussi le préparer en théière classique, soit 2grs pour 1/4 de litre à 95° pour l’eau et laisser infuser 4 minutes, si vous Pu’er est de qualité, notamment ceux achetés à Voyages du Thé, 2 à 3 infusions sont possibles.

 » On boit du thé pour oublier le bruit du monde » murmurait T’Ien Yi-Heng bien avant que sa passion plus exigente dit-on que celle de l’or, ne soit partagée par les connaisseurs des quatre horizons

Pour réussir son thé, la qualité de l’eau d’infusion est aussi importante que la qualité des feuilles. Déjà, dans son célèbre Cha King, le sage Lu Yu établissait une hiérarchie entre l’eau de montagne (selon lui la meilleure), l’eau de rivière et l’eau de source ordinaire.
La préparation d’un bon thé passe donc par l’utilisation d’une eau pure, fraîche et inodore, sans calcaire et sans chlore. Dans certains cas , l’eau de ville peut parfaitement convenir.Cependant, lorsqu’elle est trop chlorée il est possible d’installer un filtre à eau distiné à la purifier ou encore d’utiliser de l’eau minérale.
Vient ensuite la surveillance de la température de l’eau. Suivant les différents types de thé, nous chaufferons l’eau à 70, 80, 85, 90 ou 95°C mais en autant cas de l’eau bouillante. En effet, une ébullition trop prolongée tue l’eau. Les feuilles de thé s’en trouvent ainsi détériorées et , de fait, l’arôme et la saveur du thé dénaturés.

LES 5 REGLES D’OR A RESPECTER

1° Ebouillanter la théière
2° Mettre une petite cuillère de thé par tasse, plus une pour la théière
3° Verser l’eau frémissante sur le thé
4° Laisser infuser de 3à 7 min selon la catégorie de thé choisi (thés japonais, encore différent, si on les prépare en petite théière, le kyusu)
5° Remuer et servir
Les puristes le dégusteront bien évidemment sans sucre, sans citron ni lait !